MON COPAIN DE 18 ANS ET MOI NOUS PRÉPARIONS POUR LA PREMIÈRE FOIS, MAIS LE SECRET DERRIÈRE SA MALADRESSE A BRISÉ MON CŒUR QUAND LA VÉRITÉ CRUE A ÉTÉ RÉVÉLÉE.

Le lendemain matin, lorsque les premiers rayons de soleil traversèrent les feuilles pour éclairer la petite pièce, je vis que Théo dormait encore profondément. Son visage était d’une sérénité inhabituelle, sans aucune trace de la tension ou de l’anxiété permanente. Je réalisai que, parfois, le plus grand réconfort ne résidait pas dans la technique ou une préparation physique minutieuse, mais dans le fait d’oser affronter ensemble les ténèbres de l’autre.

Je savais que le chemin pour qu’il s’ouvre totalement et surmonte sa peur du contact charnel serait encore très long. Cela prendrait peut-être des mois, ou des années. Mais cela n’avait plus d’importance. Car désormais, nous n’étions plus deux jeunes gens essayant de jouer une pièce de théâtre sur la perfection. Nous étions deux âmes fêlées, s’appuyant l’une sur l’autre pour guérir.

Je sortis sur le balcon et inspirai profondément l’air frais du petit matin. Sur la petite table, la tige de rose sauvage que Théo avait laissé tomber hier soir s’était un peu flétrie, mais son rouge conservait un éclat fier au milieu des décombres des émotions. Je ne l’interrogerai plus jamais sur cette histoire de « première fois ». Car pour moi, la nuit dernière, lorsqu’il s’est dépouillé de son vêtement ainsi que de son masque de douleur, c’est à ce moment-là que nous nous sommes véritablement appartenu l’un à l’autre pour la première fois. L’amour, il s’avère que ce n’est pas trouver un être parfait pour jouir ensemble de la vie, mais trouver un être imparfait pour porter ensemble le poids des blessures. Et je fais le vœu d’être celle qui tient les bandages, l’attendant au bout de ce tunnel sombre, jusqu’à ce qu’il soit prêt à s’avancer vers la lumière, de la façon la plus entière.