Mon mari a demandé le divorce, et ma fille de dix ans a demandé au juge : « Monsieur le juge, puis-je vous montrer quelque chose que maman ne sait pas ? »

La vidéo a continué.

Caleb posa son verre sur la table et baissa la voix.

— D’ailleurs, quand on parle d’argent, je mentionne ses achats impulsifs, ses retraits et le chaos qui règne sur ses relevés bancaires.

Mon avocat est intervenu discrètement :

—Votre Majesté, ces « achats impulsifs » correspondent au compte de pension alimentaire pour enfants ouvert par ma cliente, que M. Dawso a partiellement vidé de son argent liquide en l’espace de six mois.

Le juge leva la main. Il voulait tourner la page.

Vanessa se tourna vers Caleb.

—Et le récit d'Arizopa ?

Il sourit.

—Pour le tribunal, elle n'existe pas.

Toute la pièce devint froide.

Mon avocat et moi avons échangé un regard. Le compte en Arizona était exactement comme je le soupçonnais : celui que je ne pouvais pas prouver totalement, car Caleb transférait de l’argent avec une précision obsessionnelle et trouvait toujours le moyen de me faire passer pour une paranoïaque.

« Et s’il découvre quelque chose ? » demanda Vanessa.

Caleb éclata d'un rire joyeux.

« Il n'apprendra rien. Il a toujours été plus sentimental qu'intelligent. Il pleure, s'effondre, puis s'excuse. C'est prévisible. »

Le juge a interrompu la vidéo.

Il n'a fait aucun geste théâtral. Il a simplement posé la tablette sur le bureau et a enlevé ses lunettes. Il a d'abord regardé Harper, puis moi, et enfin Caleb.

De ma vie, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi pâle et qui ne s'évanouisse pas.

« Avez-vous quelque chose à dire, Monsieur Dawso ? » demanda le juge.

Caleb ouvrit la bouche.

Au début, rien ne fonctionnait.

Il tenta alors le seul mouvement qui lui restait.

—Cela a été sorti de son contexte.

C'était une sentence terrible. Petite. Vaincue.

 

 

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