L’incroyable n’était pas seulement que la mère soit sauve. C’était ce qui fut découvert lors de l’examen médical rapide : sous la mère, protégée par son propre corps au moment de la chute, se trouvait une deuxième petite créature, un nouveau-né à peine âgé de quelques heures, intact et vigoureux. La mère ne luttait pas seulement pour sa vie, elle faisait rempart de son corps pour la génération suivante.
Marcus quitta la clairière alors que la famille s’enfonçait à nouveau dans l’épaisseur du vert. Il n’était plus le même homme. Il avait enfreint toutes les règles de sécurité, mais il avait appris une vérité universelle : face à la mort, il n’y a ni gardes, ni bêtes, ni hiérarchie. Il n’y a que le langage universel du courage et la reconnaissance éternelle de ceux qu’on a sauvés. Ce soir-là, dans son rapport, Marcus n’écrivit qu’une seule ligne : « Aujourd’hui, j’ai rencontré des frères qui ne parlaient pas ma langue, mais qui m’ont appris ce que signifie vraiment être humain. »